Jérôme Lucas, Digital4Better

PartageNR #4 | Jérôme Lucas, Directeur Général, Digital4Better

Jérôme Lucas, Directeur Général et co-fondateur de Digital4Better partage pour nous l’engagement de l’entreprise pour un numérique plus responsable.

| Bonjour Jérôme, pouvez-vous nous présenter Digital4Better ? 

Digital4Better est une agence numérique engagée. Nous avons co-fondé Digital4Better avec une équipe de 5 makers très expérimentés dans le digital et complémentaires. Nous sommes localisés à Rennes, Nantes et Paris.

Notre engagement est inscrit dans nos missions. Dans nos statuts, il est écrit que nous souhaitons engager le plus grand nombre à adopter une démarche numérique responsable. Le fait de l’écrire dans les statuts nous engage vis-à-vis de l’ensemble de nos parties prenantes (partenaires, collaborateurs, clients) et d’ailleurs si on ne le fait pas on peut être opposable devant la loi, au titre de la loi Pacte.

« On veut faire, on veut produire et pas seulement prêcher la bonne parole. On veut démontrer notre impact. »

On est une agence de faiseurs, de makers, on développe et conçoit des outils digitaux. On n’est pas que sur le conseil ! On veut faire, on veut produire et pas seulement prêcher la bonne parole. On veut démontrer notre impact.

On n’a pas la prétention de tout connaître du Numérique Responsable, c’est pour cela qu’il nous importe d’échanger avec d’autres personnes. L’esprit collaboratif que nous avons ressenti dans l’INR, avec des multi-sachants dans le même bateau, donne envie de contribuer à s’engager vers un numérique plus responsable. Cela correspond à notre ADN.

| Pour quelles raisons avez-vous signé la charte NR ? 

On a voulu signer la charte NR pour s’engager encore un peu plus concrètement. Ce n’est pas seulement une signature de l’agence, c’est une signature de tous les collaborateurs et collaboratrices.

On est sensible à toutes les facettes du Numérique Responsable, on ne veut pas s’attacher uniquement au sujet de l’environnement. 

La signature de la charte du NR n’est pas une finalité en soit pour nous, mais nous avons inscrit le numérique responsable dans notre quotidien. Entre autres, dans notre métier, nous avons défini une méthode de conception basée sur les 3U (Utilisable, Utilisé, Utile). Concrètement, chez nos clients, on fait l’analyse de l’existant, on observe les fonctionnalités utilisées, celles qui sont encore utilisables (sur d’anciennes versions de smartphones, sur des débits réseaux faibles, etc.).

On fait ensuite évoluer l’application auditée en priorisant les fonctionnalités : grosse valeur ajoutée business / faible difficulté de mise en œuvre. Et par-dessus on ajoute l’impact “numérique responsable” de chacune de ces fonctionnalités. On va donc inviter nos clients à réfléchir pour chaque fonctionnalité sur l’ensemble de ces leviers. 

« Nous nous sommes rapprochés d’une association nommée ACIAH, pour que l’on soit capable de rendre accessibles des applications pour des personnes âgées, malvoyantes »

On travaille par ailleurs sur l’accessibilité. Nous nous sommes rapprochés d’une association nommée ACIAH, pour que l’on soit capable de rendre accessibles des applications pour des personnes âgées, malvoyantes. Les permanents de cette association nous ont formés d’une part et nous pouvons les solliciter sur des applications qu’on a développées pour nos clients d’autre part. On va également pouvoir faire des séries de tests avec eux, par exemple avec des personnes malvoyantes.

| Quelles actions faites-vous pour embarquer les collaboratrices et collaborateurs dans cette démarche d’une part et rendre concret cet engagement d’autre part ?

On rend obligatoire le suivi des 5h du MOOC NR pour engager tout le monde dans le Numérique Responsable et sensibiliser nos collaborateurs. L’objectif étant que chaque collaborateur dans chacune de ses missions chez nos clients soit en capacité d’adopter une démarche NR (design, ecodesign). Chaque collaborateur aura ainsi pour mission d’engager ses clients.

« Contribuer à des groupes de travail permet de mieux se rendre compte de ce qu’on peut apporter. »

On s’insère également dans des groupes de travail de l’INR pour rendre concret l’engagement (GT AIR, GT conception responsable…). Contribuer permet de mieux se rendre compte de ce qu’on peut apporter. 

Par ailleurs, en toute transparence, sur notre site web, il y a une Charte éthique publique (tout comme notre grille de salaire). On la met à disposition pour montrer notre engagement mais aussi inviter d’autres entreprises à suivre notre démarche. Il n’y a pas de restrictions d’usages.

Toujours sur notre site, on va partager des outils numériques responsables et d’ores et déjà on montre la consommation d’énergie liée à votre navigation pour sensibiliser chaque visiteur. Cet indicateur on le stocke ; on restituera ensuite des statistiques.  

De plus, nous sommes devenus membres de l’INR. Au-delà de nous certifier « numérique responsable », cette démarche va nous permettre de collaborer encore plus avec l’ensemble des acteurs engagés au sein de l’INR et ainsi partager nos réflexions et essayer de répondre aux questionnements des autres.

| Quelle action en faveur d’un Numérique plus Responsable avez-vous mis en place dont vous êtes particulièrement fier ?

Ce n’est pas forcément une fièreté,  mais ce qui nous a marqué le plus et que j’ai envie de partager aujourd’hui, c’est cet échange avec l’association ACIAH. On a tous facilement conscience de la dimension environnementale du Numérique, la dimension sociale et sociétale est plus difficile à percevoir.

« On veut être au contact de ces gens là pour mieux comprendre une réalité qui ne nous est pas si proche que ça. »

Après de nombreux échanges à distance à cause du confinement, avec l’équipe, on est tous allé à Châteaubriant pour rencontrer ACIAH : on veut être au contact de ces gens là pour mieux comprendre une réalité qui ne nous est pas si proche que ça.

Découvrir l’agence Digital4Better : https://digital4better.com

Interview réalisée par Rémy Marrone,
Directeur de Projets de l’Institut du Numérique Responsable